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Droits humains en Côte d'Ivoire
29. nov.
2014
Analyses
8

Logique de la défense et de la promotion des droits des homosexuels

https://www.alashock.comFlickr
https://www.alashock.comFlickr

La problématique de l’homosexualité déchaîne actuellement les passions tant en Afrique en général qu’en Côte d’Ivoire particulièrement. La presse ivoirienne, qui très souvent reflète les opinions publiques du pays, abonde  d’écrits d’une homophobie acérée, mixture d’ignorance et d’intolérance, que savent rendre attrayantes des Unes forts cocasses. Dans cette grisaille, contre toute attente et à contre-courant, a pourtant surgi une éclaircie. Elle est venue de Fraternité Matin, précisément de l’une de ses plumes les plus raffinées : Oumou D. En sa matinale du 12 mars dernier, cette dernière a en effet une démarche de nature à dé-diaboliser la question de sorte à rendre la réflexion possible. Elargir la piste ouverte par la brillante chroniqueuse (Ô la Bienheureuse !) de notre quotidien national, pour en faire une voie plus large dans laquelle pourraient s’engager les esprits non figés par les préjugés, c’est à quoi cette tribune veut contribuer.

Recadrons la question de fond : pourquoi certains exigent la reconnaissance des droits des homosexuels en Afrique ? Nombre d’Africains voient en cette exigence un acharnement. Mister President of United State of America himself s’en étant mêlé, et la Banque mondiale ayant récemment pris des mesures de rétorsion contre l’Ouganda pour ses lois réprimant durement l’homosexualité. L’actualité la plus récente nous apprend même que la question de l’homosexualité a été le point d’achoppement au Parlement européen de Strasbourg lors des dernières discussions UE/ACP à telle enseigne qu’il y eut menaces de rupture des accords de Cotonou.

En réaction, des vagues d’indignation se font entendre partout sur le continent noir. La rengaine commune parle de l’homosexualité comme d’une manie occidentale qu’on veut coûte que coûte imposer au reste du monde. Manifestement, on n’a pas encore compris que ce qui se joue dans ce débat, ce n’est pas tant une orientation ou une déviation sexuelle (c’est selon) que les droits humains. Oui, les droits humains, c’est bien de cela qu’il s’agit dans cette défense des droits des homosexuels.

Le fait est que ces droits sont imprescriptibles. Autrement dit, rien, absolument rien ne peut les annihiler. Ce qui veut dire que tout homme a ces droits-là en cela même qu’il est. Or, la manière dont les homosexuels sont traités dans la plupart des pays africains, on constate que deux fondamentaux des droits humains sont copieusement bafoués : le principe d’égalité et son pendant, le principe de non-discrimination, proclamés abondamment par la Charte des droits de l’homme à laquelle les Etats africains adhèrent. Il y a aussi le droit des minorités (sans même parler de celui des minorités sexuelles), contenu dans les instruments de protection des droits humains, qui est foulé aux pieds.

Tout ceci pour dire qu’il faut cesser de voir en la défense des droits des homosexuels de la promotion de l’homosexualité, « une manie contraire à la culture africaine » – ainsi qu’aime à s’exprimer les esprits les plus réfractaires. Comme cette façon de voir rappellent les temps où il était question de l’instauration de la démocratie, et donc aussi nécessairement des multipartismes, en Afrique ! Cela a aussi souvent été le cas pour tout ce qui est relatif aux droits humains en général. C’est ainsi que pour masquer despotisme, tyrannie et dictatures de tous ordres, il était commode de faire miroiter une improbable démocratie à l’africaine sans jamais promouvoir les libertés. De la même manière, pour justifier la brutalité avec laquelle on ne sait qu’exercer le pouvoir d’Etat, on se plaisait à parler d’une soi-disant nécessité d’adaptation des droits humains à la culture africaine. Aujourd’hui, plus personne ne prendrait au sérieux cette rhétorique démagogique, puisqu’on aura compris entre-temps que la démocratie consiste à fonder des institutions pour l’exercice des libertés, et que les droits humains sont aussi universels que l’essence humaine elle-même. Raison pour laquelle tous les êtres humains ont les mêmes droits fondamentaux ; et ce, quelle que soit la diversité de sexualité qu’ils puissent avoir.

En cela, la position de l’Eglise catholique vis-à-vis de l’homosexualité est trop précieuse pour ne pas être évoquée ici. Elle aborde ce sujet dans son Catéchisme [1], cet ouvrage issu du Synode des Evêques de 1985 et approuvé par le Pape Jean-Paul II. Si l’homosexualité y est explicitement présentée comme « dépravation grave », il y est pourtant recommandé tout aussi clairement d’accueillir les homosexuels avec « respect, compassion et délicatesse ». « On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste », est en définitive déclaré dans cet ouvrage résumant la foi, l’enseignement et la morale de l’Eglise catholique. Par là on doit comprendre que si l’homosexualité est une déviation, elle n’est pas assez radicale pour faire sortir un homme de la communauté des hommes ; que si dépravation il y a, elle ne peut pas être absolue au point de détacher un être humain de l’humanité. C’est sur cette base-là qu’ailleurs on s’applique à promouvoir les droits des homosexuels ; des droits qui, il faut le préciser, ne sont pas spécifiques à ces derniers, mais les mêmes qui sont inhérents à tous les hommes. Et c’est sur cette même base-là qu’il doit en être ainsi-ici-aussi.

Jean Marc Yao

Consultant en droits humains

yaokjmarc@gmail.com

facebook.com/jeanmarc.yao.18

 

[1] Le Catéchisme de l’Eglise catholique est un ouvrage d’instruction à la doctrine chrétienne Catholique. Promulgué le 11 octobre 1992, sa rédaction a été suggérée par l’Assemblée générale extraordinaire du Synode des Evêques de 1985, soit 20 ans après la fin du Concile Vatican II. Il a été publié solennellement le 7 décembre 1992.

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27. nov.
2014
Activités
0

Droits de l’homme et droit international humanitaire : journées portes ouvertes chez les FRCI

Défilé des FRCI (Photo crédit)
Défilé des FRCI (Photo crédit)

Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) organisent des journées portes ouvertes des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. Cette activité est organisée par l’Etat Major Général des FRCI. Elle se tiendra du 4 au 6 décembre 2015 au sein même de l’Etat Major des FRCI au camp Gallieni dans la commune du Plateau à Abidjan. Les organisations de la société civile de Côte d’Ivoire entendent apporter un soutien massif à ces journées portes de la grande muette.

Banderoles_JPO-FRCI

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22. oct.
2014
Activités
0

Côte d’Ivoire : mise en place d’un Forum des droits de l’Homme

Depuis le vendredi 10 octobre 2014, un Forum des droits de l’homme est  mis en place  en Côte d’Ivoire. Il se compose des Organisations de la Société Civile (OSC), de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) et la Division des Droits de l’Homme de l’ONUCI (DDH-ONUCI) composent ce forum. Ce Forum résulte de la table ronde tenue à Abidjan le 5 mai dernier sur le thème « Protéger l’espace de la société civile pour une meilleure garantie des droits de l’homme ».

Sa mise en place vise à répondre au besoin de cadres permanents de rencontre entre les acteurs de la promotion et de la protection des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire.

Ses initiateurs espèrent y renforcer les capacités de la société civile et des institutions nationales afin de soutenir le système national en faveur des droits humains. Il vise aussi à permettre de définir et mettre en œuvre des stratégies d’actions communes des activistes en la matière. Ce Forum vise enfin à faciliter les plaidoyers pour les droits de l’Homme auprès des autorités à divers niveaux.

Il est prévu que le Forum des droits de l’Homme se réunisse mensuellement. La CNDHCI devra en assurer le secrétariat tout comme la facilitation, cette fois, avec la DDH-ONUCI, le Ministère des Droits de l’Homme, de la Justice et des Libertés Publiques et des ONG.

Les séances du Forum seront ouvertes aux représentants de toutes les structures sus citées tout comme à ceux des ONG internationales, aux Missions diplomatiques et agences des Nations Unies qui le désirent. Chacune de ces réunions est prévue traiter d’une thématique clairement définie.

En ce qui concerne l’épineuse question du financement, il est pour l’instant envisagé de recourir à l’ONUCI en attendant de convenir d’une stratégie pérenne.

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12. oct.
2014
Analyses
2

La résolution SOGI : analyse du non de la Côte d’Ivoire

  • unhrc-session-dailymaverickLe 23 septembre 2014, la Côte d’Ivoire n’a pas soutenu la résolution sur les droits de l’Homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre (SOGI) présentée par le Brésil, le Chili, la Colombie et l’Uruguay devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. Venant de la Côte d’Ivoire, cette décision est illogique et donc surprenante pour cette simple raison :

Cette résolution n’est en aucun point contraire à la législation ivoirienne.

En effet, le SOGI rappelle seulement que l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne font d’aucun homme un sous-citoyen. Pour cette raison, tous les êtres humains ont droit à la même protection des lois. Cette résolution dénonce alors les discriminations et les violences basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Dans cette mesure, elle est conforme à la constitution en vigueur en Côte d’Ivoire. Effectivement, la loi fondamentale ivoirienne n’autorise ni les discriminations ni les violences à l’égard de qui que ce soit et, ce, quels que soient les motifs.

Le refus de soutenir la résolution SOGI est d’autant plus incompréhensible que cette résolution ne fait que rappeler les Etats à leurs engagements internationaux, car il rappelle que l’essence humaine d’une personne est plus fondamentale que son orientation sexuelle et son identité de genre. A ce titre, tous les hommes sont égaux, ainsi que le précise d’emblée la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) du 10 décembre 1948. Cette résolution ne vise donc pas à créer de nouveaux droits, mais tout simplement à appliquer l’égalité et la non discrimination, les principes fondamentaux de la Charte des droits de l’Homme, aux droits d’êtres humains qui souffrent de violence et de discriminations à cause de leur différence, notamment l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre.

Alors, qu’est-ce qui pourrait justifier ce refus de l’Etat ivoirien de soutenir la résolution SOGI?

Peut-être l’envie de se mettre à cette mode africaine consistant à s’appliquer à l’homophobie. L’objectif inavoué de cette manie est d’afficher une démarcation d’avec l’Occident, l’ex-colonisateur. Les dirigeants africains se figurent ainsi faire illusion de souveraineté. C’est à pleurer de rire…

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23. sept.
2014
Portrait
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Jean Marc Yao, défenseur des droits fondamentaux de tous en Côte d’Ivoire

L'activiste Jean Marc Yao

Membre de la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO), Jean Marc Yao est un activiste des droits humains depuis une dizaine d’années. Diplômé de l’Université de Genève en Droits humains, santé et discrimination, il est chargé des études et de la formation à l’Interafricaine pour la Promotion de la Santé et des Droits Humains (IPSDH).

A ce titre, lors du projet WETEMINAN, il forme les membres d’Alternative Côte d’Ivoire (ACI), une ONG de lutte contre le SIDA au sein des communautés LGBT en Côte d’Ivoire. Cet atelier d’une semaine est le déclencheur de son activisme en faveur des droits des minorités sexuelles, car interpellé sur les multiples violations des droits fondamentaux de l’Homme dont les homosexuels, et les personnes supposées l’être, sont victimes en Côte d’Ivoire.

Quelques actions de Jean Marc Yao en faveur des droits des LGBT en Côte d’Ivoire :

– La saisine de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) pour l’interpeller sur les violations des droits humains dont les LGBT sont victimes en Côte d’Ivoire.

– L’organisation d’un déjeuner-débat pour sensibiliser les organisation de la société civile ivoirienne sur la question des droits fondamentaux des LGBT en Côte d’Ivoire.

– Une requête adressée au Ministre ivoirien des Affaires Etrangères l’invitant à soutenir la résolution sur les droits de l’Homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, présentée au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies proposée par le Brésil, le Chili, la Colombie et l’Uruguay.

– L’assistance juridique apportée aux LGBT victimes de violence à Abidjan

– La publication d’article de presse dans Fraternité Matin, le quotidien gouvernemental d’Abidjan, pour éduquer au respect des droits humains des homosexuels en Côte d’Ivoire.

Actuellement, Jean Marc Yao est consultant en droits humains auprès d’Alternative Côte d’Ivoire et correspondant du site 76crimes.com. Il est élabore aussi la politique de la LIDHO pour la défense et la promotion des droits des LGBT en Côte d’Ivoire.

Jean Marc Yao est en instance de défense d’une thèse de doctorat en philosophie à l’Université Félix Houphouet-Boigny d’Abidjan Cocody.

yaokjmarc@gmail.com

facebook.com/jeanmarc.yao.18 

@yaokjmarc1

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L'info relative aux droits humains en Côte d'Ivoire

Auteur·e

L'auteur: Jean Marc YAO
Activiste Ivoirien des droits humains, militant pour le respect des droits des minorités

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