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Droits humains en Côte d'Ivoire
13. janv.
2015
Activités
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Le CEFCI commence à préparer les élections générales

Directrice Exécutive de la CEFCI
Directrice Exécutive de la CEFCI

Les 15 et 16 janvier 2015, à partir de 10 h, le Centre Féminin pour la démocratie et les droits humains en Côte d’Ivoire (CEFCI) organise un séminaire de formation des leaders de la société civile et de jeunes des partis politiques pour des élections apaisées en Côte d’Ivoire.

Le CERAO aux 2 plateaux-Aghien héberge ce séminaire qui s’inscrit dans le cadre d’un projet d’appui à l’implication et la participation des femmes et des jeunes au processus électoral en Côte d’Ivoire.

Le projet est financé par la fondation NED  (National Endowment for Democraty). Il sera exécuté dans les localités d’Abobo et de Divo.

Des élections générales sont prévues en Côte d’Ivoire à partir d’octobre 2015.

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13. janv.
2015
Rapports
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Côte d’Ivoire: Et voilà la 2è session du Forum des droits de l’Homme

 

C’est ce jeudi 15 janvier 2015, au siège de l’ONG Transparency Justice, qu’a lieu la 2è session du Forum des droits de l’homme. 5 points sont à l’ordre du jour de cette rencontre entre acteurs des droits humains en Côte d’Ivoire :

 

  1. Lecture des termes de référence du forum des droits de l’homme ;

 

  1. Lecture et adoption du compte-rendu de la 1ère session du forum du 13 novembre 2014 ;

 

  1. Discussion et adoption des termes de référence de l’observatoire des droits de l’homme pour les élections de 2015 ;

 

  1. Echanges sur la situation des droits de l’homme ;

 

  1. Divers

 

Ce forum émane de la volonté de la société civile ivoirienne d’avoir un cadre d’échanges et de concertation permanents. La première session du forum des droits de l’homme a eu lieu le 13 novembre 2014.

 

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06. janv.
2015
Analyses
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Côte d’Ivoire : voici un bon moyen pour avoir l’eau potable (2)

Ceci dit, l’interrogation suivante persiste : pourquoi est-ce seulement en 2010 que l’on fît de l’accès à l’eau potable un droit fondamental explicite, comme si c’est à partir de ce moment-là que l’on se rendît compte de sa nécessité absolue ? Pour trouver réponse à cette interrogation logique, suivons l’indice que donne un sage qui dit ceci : « l’eau, nous n’en voyons l’importance que lorsque les puits sont secs. ». La raréfaction croissante de cette ressource naturelle serait donc la motivation de la résolution A/64/L.63/Rev.1. On peut effectivement le supposer quand on s’en tient aux propos du représentant du Yémen qui, lors des débats précédant le vote, avait parlé de l’eau comme du « pétrole du siècle de la soif que sera le XXIe  siècle ».

Le droit à l’eau potable reconnait précisément à toute personne, « quel que soit son niveau économique, de disposer d’une quantité minimale d’eau de bonne qualité qui soit suffisante pour la vie et la santé ». L’Etat de Côte d’ivoire semble en avoir déjà pris conscience, lui qui a promis résorber les pénuries  d’eau dans le District d’Abidjan, et fournir gratuitement l’eau potable dans les zones rurales. Le chef de l’Etat  l’a dit dans sa dernière allocution  : les grands travaux lancés il y a quelques années  pour palier le problème seront livrés à la fin de ce mois de janvier 2015.

Pour aller droit au but, autant dire tout de suite que l’intention du présent billet n’est pas d’interpeller l’Etat sur la problématique de l’accès à l’eau potable en Côte d’ivoire. Dans la mesure où les tenants actuels de l’exécutif ivoiriens semblent avoir pris le problème à bras le corps, ce serait comme prêcher à des gens déjà convertis que de s’adresser à eux. Ceux dont je veux attirer l’attention, ce sont les populations que nous sommes.

Pourquoi les populations, pourrait-on demander en toute légitimité ? Ici, l’énoncé de la résolution en question apporte la meilleure réponse possible. Dans le rapport final de l’Assemblée Générale des Nations Unies, cette résolution s’énonce comme suit : « Résolution sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ». L’assainissement : c’est bien à cela encore que l’accès à l’eau potable ramène, puisque toute eau à l’environnement pour source. Nous voici ainsi conduits à la question de l’insalubrité. Et, c’est sur ce point que je veux interpeller mes concitoyens, car celle dont nous faisons preuve, ici en Côte d’ivoire, ne favorise pas notre propre accès à l’eau, cette nécessité absolue pour la bonne santé. Il n’y a qu’à faire un petit tour dans n’importe quelle contrée du pays pour voir à quel point nous polluons l’eau autour de nous. L’exemple de la lagune Ebrié, étendue d’eau extrêmement polluée en plein cœur d’Abidjan, est comme une vitrine où est exhibée cette réalité ivoirienne. Savons-nous que ces nombreux cours d’eau érigés en dépotoirs sont autant de puits asséchés de notre fait. Si donc nous faisons l’effort de respecter ne serait-ce que ce seul droit humain qu’est le droit à un environnement sain, nous améliorerions incontestablement notre accès à l’eau potable.

Il est vrai que, depuis peu, l’Etat a manifestement fait de la salubrité urbaine l’un de ces soucis majeurs. L’opération pays propre s’inscrivait bien dans cette logique ; opération au cours de laquelle les installations anarchiques étaient démantelées, les égouts curés, les rues balayées. Cependant cette méthode a vite montré ses limites, l’insalubrité reprenant de plus bel aussitôt les machines éteintes. Aussi, pour parvenir à un environnement sain, faudrait-il une autre approche : l’éducation. C’est ici que je veux m’adresser à l’Etat, puisqu’enfin de compte, c’est lui qui l’obligation de mettre en oeuvre les droits humains.

Certes, tout se passe comme si les pollueurs de l’environnement avaient l’incivisme dans le sang, et que leur attitude était ainsi la manifestation de leur seconde nature. Bref, les mauvaises habitudes ayant la peau dure, il est difficile de changer leur relation à la chose publique. Toutefois, sur le plan culturel, qu’est-ce qui est impossible à l’éducation. « L’éducation peut tout, elle fait danser les ours. », dit Leibniz. Pas question ici de ces campagnes publicitaires lapidaires qui ne touchent pas plus de monde que les panneaux sur lesquels les affiches sont placardées. Ici, il est question d’éducation véritable, cette œuvre patiente et de longue haleine qui fait Homme. L’éducation : c’est bien à cela qu’il convient de s’acharner sans relâche pour assainir l’environnement. C’est Leibniz qui dit encore que « celui qui se rend maitre de l’éducation peut changer la face du monde ». Est ainsi tissé un lien entre environnement et éducation. L’environnement  étant lié à l’accès à l’eau potable, le lien de celle-ci à l’éducation ressort de la simple logique, car l’assainissement de l’environnement par quoi cet accès passe ne peut être durablement atteint qu’en éduquant les populations. Se comprend alors pourquoi l’UNESCO aussi évoque la problématique de l’accès à l’eau potable.

L’éducation : en plus des efforts infrastructurels qu’il consent, c’est donc encore à cela que l’Etat doit aussi s’employer afin d’atteindre la Déclaration du Millénaire l’engageant à réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau. Mais, même atteint, cet objectif serait encore largement insuffisant tant qu’il y aurait un seul individu, un seul homme, quel qu’il soit et quelle que soit la contrée où il vit, qui n’aurait pas accès à l’eau potable. Aussi, ne faudra-t-il ménager aucun effort pour que chacun puisse jouir de ce droit inhérent à la vie. En réalité, c’est en l’atteinte de tels objectifs que la communauté des hommes trouve son sens.  Dans son Petit catéchisme de la réforme sociale, Richard Lahautière dit ceci qui vient à propos : « Tant que dans le monde entier un homme, un seul homme criera : j’ai faim, j’ai soif, la société ne sera pas constituée. ». Tant qu’il y aura donc un seul homme qui n’aurait pas pleinement accès à l’eau potable, l’Etat n’a pas encore accompli sa mission fondamentale : œuvrer à l’effectivité des droits humains.

Jean Marc Yao

Consultant en droits humains

yaokjmarc@gmail.com

@yaokjmarc1

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05. janv.
2015
Analyses
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Côte d’Ivoire : voici un bon moyen pour avoir l’eau potable (1)

Avoir de l'eau potable est de plus en lus difficile en Côte d'Ivoire.
Avoir de l’eau potable est de plus en lus difficile en Côte d’Ivoire.

Depuis quelques temps, les pénuries d’eau sont le quotidien des populations abidjanaises. En effet, de  Yopougon à Cocody, de Port-Bouët à Abobo, il est difficile de trouver aujourd’hui une commune de la capitale économique ivoirienne qui ne soit confrontée à ces pénuries intempestives.

Ainsi donc, aussi bien les quartiers cossus que les cités populaires ou les zones d’habitations précaires connaissent tous ce problème. C’est actuellement, pour ainsi dire, l’une des choses les mieux partagées dans la perle des lagunes. Et, en vérité, cette situation hydraulique est loin d’être l’apanage de la seule ville d’Abidjan, car elle est connue par la quasi-totalité des autres localités de Côte d’ivoire.

Cette réalité a pour conséquence d’ajouter un autre volet à « la priorité des priorités » que le Président de la République dit s’être fixé depuis l’année 2013 : la santé. Peut-il se trouver encore une seule personne qui ignore les liens entre celle-ci et l’eau ? Ne savons-nous pas tous déjà que la mauvaise qualité de l’eau est cause de multiples maladies ? Que quiconque fait mine de ne pas le savoir songe seulement au choléra, à la dysenterie, au ver de guinée, entre innombrables autres problèmes sanitaires que peut causer l’eau impure. Les chiffres que fournit l’OMS sur ce sujet permettent de se figurer la quantité de ces pathologies. Selon cet organisme onusien, ce sont plus de 80% des maladies qui sont d’origine hydrique.

A l’inverse, quand l’eau est de bonne qualité, quand elle est potable, elle est, pourrait-on dire, le premier médicament de l’homme. Prenons l’exemple de la drépanocytose pour nous en convaincre : une consommation quotidienne d’1,5 litre d’eau en moyenne a pour effet de faciliter la circulation de l’oxygène dans le sang ; chose qui  est de nature à dissiper le débuts des crises qui émaillent la vie du drépanocytaire.

 Il est donc plus qu’évident que la santé de tout homme est fonction de l’eau qu’il consomme. Ce lien se conçoit d’autant plus aisément que l’accès à l’eau potable est, tout comme la santé, l’un des droits fondamentaux de l’être humain. En effet, depuis le 28 juillet 2010, l’Assemblée Générale des Nations Unies a voté une résolution dite A/64/L.63/Rev.1, présentée par la Bolivie, qui reconnait cela comme un des droits inaliénables de l’homme. Il est si fondamental qu’au Royaume Uni par exemple, le Parlement a adopté, en 1999 déjà, le Water Industry Act, une loi interdisant les coupures d’eau dans les ménages. Dans cette logique, les compteurs à prépaiement, l’un de ces principes étant la rupture automatique de l’approvisionnement en eau en cas de non rechargement, ont été déclarés illégaux.

Mais, pourquoi mît-on tout ce temps à faire explicitement de l’accès à l’eau potable un droit humain inaliénable, puisque plus de 50 ans sépare la résolution A/64/L.63/Rev.1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée le 10 décembre 1948. La raison de ce plus de demi-siècle d’écart est la suivante : le droit à l’eau potable est implicite à plusieurs autres droits énoncés dans la Charte des droits humains. Les droits à la vie, à la santé, à un niveau de vie suffisante, à l’alimentation, etc. que proclame cette Charte, ne le suggère-t-il pas en en effet ? La transversalité du droit à l’eau est si vrai que même l’UNESCO, l’institution internationale qui, pourtant, est en charge de l’éducation, la science et la culture dans le monde, s’en mêle en stipulant que le développement durable est inimaginable sans accès à l’eau potable. Il y a encore que ce droit  est évoqué un peu plus clairement dans la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de discriminations à l’Egard des Femmes (CEDEF) de 1979, et dans la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989. Dans cette mesure, la mise en œuvre effective de la plupart des droits universels devrait suffire à garantir le droit à l’accès à l’eau potable… à suivre.

@yaokjmarc1

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10. déc.
2014
Rapports
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Justice en Côte d’Ivoire : la Fidh présente son dernier rapport

Le palais de justice du Plateau à AbidjanLa Fédération Internationale des ligue des Droits de l’homme (Fidh) présente son dernier rapport sur l’état de la justice ivoirienne. C’est ce jeudi 11 décembre 2014 que son rapport intitulé « Côte d’Ivoire : choisir entre la justice et l’impunité » sera présenté en conférence de presse à l’Hôtel Pullman au Plateau.

En Côte d’Ivoire, 2 ONGs de défense des droits de l’Homme sont membres de la Fidh : la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO) et le Mouvement Ivoirien des Droits de l’Homme (MIDH).

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08. déc.
2014
Activités
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Union du fleuve Mano: les jeunes réfléchissent sur les droits de l’homme

Ce jeudi 9 décembre 2014, la section Côte d’Ivoire du Parlement des Jeunes de l’Union du Fleuve Mano pour la paix organise un atelier de réflexion sur le thème « jeunesse et droits de l’homme ». Cet atelier se tiendra au siège de la fondation Friedrich Ebert Stiftung sis à Cocody, Riviera Attoban. Cette activité s’inscrit dans le cadre des « initiatives en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme », volet des « plénières citoyennes jeunes 2014 ».

Les plénières citoyennes jeunes du Parlement des Jeunes de l’Union du fleuve Mano est une tribune d’expression et un cadre privilégié de réflexion, de concertation et d’action. Elles visent une implication plus significative des jeunes dans le processus de paix et de développement générale.

La section Côte d’Ivoire du Parlement des Jeunes de l’Union du fleuve Mano pour la paix organise cet atelier en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung.

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01. déc.
2014
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Justice transitionnelle : ICTJ veut renforcer les capacités des ONG

Les 11 et 12décembre 2014, l’International Center for Transitional Justice (ICTJ) organise un atelier de renforcement des capacités des chargés de communication des ONG. Cet atelier se tiendra à l’Hôtel Manhattan Suites d’Abidjan. Il s’inscrit dans le cadre du projet de « Mise en œuvre du principe de la complémentarité : Renforcement de la réponse des juridictions nationales aux crimes internationaux en Côte d’Ivoire ».

L’objectif de l’ICTJ à travers cette activité est d’abord de renforcer les capacités des acteurs de la société civile ivoirienne sur la justice transitionnelle et sur la notion du principe de complémentarité entre les juridictions nationales et la justice pénale internationale.

ICTJ entend ensuite mettre l’accent sur le rôle des ONG dans la sensibilisation sur les procédures  nationales  ou sur les développements importants au niveau de la justice pénale internationale.

Enfin, il s’agira de discuter du rôle et de l’importance des ONG locales dans la sensibilisation et l’information des populations sur les réponses apportées à la criminalité de masse dans un contexte de justice transitionnelle.

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01. déc.
2014
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Le Raidh veut enrichir les propositions des osc sur un avant projet de loi

Bamba Sindou, Coordonnateur du Raidh (Photo crédit)Le mercredi 3 décembre 2014 au CERAO à Aghien au 2 Plateau, le Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains (RAIDH) organise un atelier, dans le cadre de la contribution des organisations de la société civile (osc) ivoirienne à la rédaction de l’avant projet de loi portant identification des victimes et modalités de réparations.

Cet atelier fait suite à celui tenu les 23 et 24 octobre 2014 sur le même thème. Il vise à enrichir les propositions des osc avant leur remise au Ministère de la solidarité, de la famille, de la femme et de l’enfant.

Le RAIDH organise cet atelier en collaboration avec l’International Center for Transitional Justice (ICTJ).

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01. déc.
2014
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Côte d’Ivoire : terre d’espérance, îlot de tolérance

L’Institut de recherche américain PEW, spécialisé dans les enquêtes sur les religions a publié, le 4 avril 2014, un rapport classant 232 pays – dont 51 Etats africains –  selon un Indice de diversité religieuse (Idr). Suivant cet indice, plus les groupes religieux présents dans un pays sont variés et de tailles proportionnellement équivalentes, mieux ce pays est noté.

Les pays africains s’en sortent très bien dans cette arithmétique. C’est surtout notre sous-région qui occupe un rang plus qu’honorable dans ce palmarès des plus vertueux. En effet, la Guinée Bissau, le Togo et la Côte d’Ivoire, les trois premiers africains, se classent respectivement 5è, 6è et 7è mondiaux.

Ainsi, notre pays passe pour l’un des ténors de la diversité religieuse dans le monde. Quoi de plus normal, son hymne national ne le proclame-t-il pas« terre d’espérance » ? Comme il passe également pour l’un des champions d’Afrique de la tolérance à l’égard des homosexuels, on aurait pu aisément voir une relation de cause à effet entre ces deux positions si Singapour et le Togo, qui le devancent dans l’Idr, n’étaient parmi les 76 pays dans le monde réprimant l’homosexualité. C’est plutôt analytiquement que se comprend que, puisqu’elle se veut terre d’espérance, la Côte d’Ivoire est destinée à être patrie de tolérance afin de parvenir à l’union à laquelle sa devise républicaine l’appelle.

L’espérance est l’une des trois vertus théologales. Celles-ci sont complémentaires. En d’autres termes, quand bien même chacune d’elles est absolument nécessaire, aucune n’est suffisante. Ainsi, qui veut accomplir une vie qui plaise au Créateur, lui qui est plénitude, doit les manifester toutes. En plus de la foi, l’espérance s’accompagne de la charité, vertu qui consiste à avoir de la bonté pour le genre humain, autant dire à aimer tout homme. Plus profondément, il s’agit de voir qu’«en tout homme brille l’image de Dieu».Terre d’espérance, la Côte d’Ivoire ne peut, par conséquent, qu’être terre de charité, terre où tous les hommes sont aimés quels qu’ils soient.

Il est donc logique que notre pays, et c’est tout à son honneur, tolère les différences entre les hommes, les homosexuels y compris. La caricature homophobe fait pourtant une analogie avec Sodome et Gomorrhe, comme si on était en théocratie. Tout de même curieux qu’on se borne à l’Ancien Testament quand on veut se servir du christianisme pour un faste de piété. Ne sait-on pas que l’essentiel de la Doctrine du Christ se trouve dans le Nouveau Testament, la nouvelle alliance révélant l’ultime vérité divine : l’Amour ? Or, dans cette partie de la Bible est expliqué que Jésus était particulièrement confronté aux Scribes et aux Pharisiens, des gens tellement rigides d’esprit qu’ils dénonçaient même le bien quand il était fait le jour du Sabbat. Ils aimaient à critiquer le Christ quand il mangeait avec les gens de mauvaise vie, quand il conversait avec les prostituées, quand il était en compagnie de ces pécheurs publics qu’étaient les publicains… Le Christ s’oppose à ces gens à la condamnation un peu trop facile ; car habile dialecticien, il sait par exemple qu’on finirait tous aveugles à appliquer la loi qui veut qu’œil soit rendu pour œil, cette loi toujours prônée par ceux qui lisent les Livres saints sans esprit. Les Scribes et les Pharisiens sont de ceux-là. Le Fils-de-Dieu leur prédît alors pire sort que celui de Sodome et Gomorrhe, au jugement dernier. C’est dire que ce qui insupporte par dessus tout au Christ, c’est le sectarisme et ses apôtres. Mgr Desmund Tutu l’a parfaitement compris comme il dit : « Je ne louerais pas un Dieu homophobe ».

Sectarisme : c’est ce que nous faisons quand nous discriminons les homosexuels ou quand nous leur faisons subir toutes sortes de traitement inhumains et dégradants. Et nous sommes apôtres du sectarisme lorsque nous parlons des homosexuels comme s’ils n’étaient pas aussi des hommes.

En fait, dans le débat actuel sur les droits des homosexuels, la véritable problématique, souvent dévoyée, est celle-ci : que l’homosexualité soit contraire ou non aux cultures africaines, il est indéniable qu’il y a aujourd’hui des homosexuels (Africains) en Afrique. La question capitale est donc la suivante : que doit-on faire des homosexuels qui sont dans nos sociétés ? Construire des chambres à gaz pour les exterminer comme au temps de la Shoah ? Ou peut-être voudrait-on les séparer de leurs concitoyens comme sous le régime de l’Apartheid ? Evidemment, l’humanité a atteint un niveau de civilisation qui ne s’accommode guère de ce genre de spectacle. Aussi, a-t-elle fait de la protection des minorités et des personnes vulnérables, une de ses valeurs irréfragables.

Comment protéger une minorité ? Tel est au fond, le véritable enjeu de la promotion des droits des homosexuels, cette minorité sexuelle, qui fait tant de vagues en Afrique. Gandhi disait qu’« une civilisation se juge à la façon dont elle traite ses minorités ». Le seul traitement convenable à des hommes, c’est de les intégrer dans la société des hommes. Et la place qu’on doit leur y accorder ne peut être inégale à celle des autres hommes puisque « Tous les hommes sont égaux en dignité et en droits ». L’Etat ivoirien doit savoir veiller à cela, tout comme chaque habitant de Côte d’Ivoire doit s’appliquer à ce que ce pays soit îlot de tolérance afin que s’accomplisse toujours sa vocation de terre d’espérance.

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L'info relative aux droits humains en Côte d'Ivoire

Auteur·e

L'auteur: Jean Marc YAO
Activiste Ivoirien des droits humains, militant pour le respect des droits des minorités

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